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    22 janvier 2007 1 22 /01 /janvier /2007 23:46

    A douze ans, je comprends qu’on puisse être en colère. Tu en veux à ton père que tu ne connais pas, tu en veux à ta sœur qui est gravement malade, tu enveux à ta mère de tout ça. Tu en veux à la terre entière. Et puis tu te prends pour une merde. Difficile de te faire comprendre que ça ne tient qu’à toi de croire que tu vaux un peu plus que si peu.

     

    Je ne te comprends pas et j’ai peur de tes réactions. En plus, je te trouves très grand, avec un regard parfois méchant. Par contre, je ne sais pas comment tu y arrives, mais tu sais faire tourner une assiette chinoise au bout d’une baguette en lisant un roman, le tout grimpé sur une étagère de presque 2 mètres de haut. En plus, l’étagère n’a qu’une structure métallique et pas de planche,… même pas mal. Et tu restes longtemps… Pour une merde incapable de quoi que soit, c’est déjà pas mal. A part peut-être la môme qui a un monocycle a la place des jambes, il y en n’a pas beaucoup qui en sont capables.

     

     

     

    Tu profites d’une balade dans la ville du coin pour te sauver, te cacher, disparaître. Je crois qu’on s’en rendu compte très vite. La règle est simple, si on ne t’a pas retrouvé dans les 10 minutes, c’est la gendarmerie. On te connait juste suffisamment pour savoir que tu aimerais retourner chez ta mère, suffisamment aussi pour savoir que tu as besoin qu’on te montre à coups de pieds au cul qu’il y a des gens qui tiennent à toi. Non, pas ceux là de coups de pieds au cul, les autres, avec des mots, même si c’est pas toujours évident. Et moi, même si j’ai toujours peur de tes réactions, j’ai aussi très envie de te connaître, et surtout pas envie de te perdre.

    D’ailleurs j’ai toujours envie de perdre personne.

     

     

     

     

    On te cherche à corps perdu, pendant que quelques-uns prennent soin des autres enfants. Tu es là, pas loin... tu fais de la brasse coulée dans un buisson, pour être sûr qu’on ne te trouve pas tout de suite. Je ne suis pas sûr que ça t’aurait fait beaucoup de bien que ce soit un gendarme et son chien qui te débusque à notre place, et tout ce qui s’en suit.

     

     

     

    Retour à la colo. Il me semble que sur ce chemin là, il y a à peine un mot, un regard. J’ai eu tellement peur que si je te parle je te hurle dessus, et ce n'est pas la solution. Petit con, t’es un de ceux qui m’a fait le plus peur… et pas qu’à moi.

    A notre retour, un des animateurs crie. Simplement pour te dire qu’il trouve que tu n’as pas le droit de nous faire ça. C’est vrai qu’on te laisse relativement vivre ta vie, que le cirque comme on y joue ce n’est pas pour toi, mais que tu vis ton propre cirque dans notre rythme à nous, que tu as ta bulle avec toi, ton étagère rien que pour toi, et que l’on sentait jusqu'à ce que ce que tu disparaisses que l'on commençait à avoir confiance. On croyait même que c’était réciproque.

    Petit con, quand j’écris ces mots là j’en tremble encore… et tu serais allé où ?

     

     

     

    Je ne sais pas d’où lui sort cette idée. Cet animateur t'autorise en criant à ta cacher, mais tu n'as plus le droit de sortir de la colo. Le cirque reprend son rythme : châteaux de cartes, chants dans la cour, repas sympas et jongleries en tout genre. Une colo bien chouette aux portes du soleil. Et toi sur ton étagère, à bouffer des mots en faisant tourner une assiette.

    Tu vas un peu mieux, même si tu n'es toujours pas à ta place, et la confiance revient doucement. u n'es jamais méchant, pourtant tu ne te sens pas à ta place.


    1993 - la fugue 

     

     

     

    Nouvelle journée, nouvelle colère, et toi plus là. Dix minutes chrono avant le plan hors sec, on s’y met à plusieurs. Ça ressemble à un grand cache-cache, mais pas pour jouer, avec la boule au ventre en plus.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Petit con.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Tu t'es caché dans la chaufferie. 


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    commentaires

    Nelly 23/01/2007 23:38

    Cécile : oh oui la version minimoï perdu dans maxi boutique, ça fait bien flipper...
    tibou... en 10 minutes.... juste saisi, pas encore cuit.
    Cubik : on n'a rien voulu briser au contraire, c'est peut être là qu'il l'a trouvé sa vocation. Ah lalala
    (y'a écrit BMW comme lettre à taper en bas... j'en parle à Kuk ou j'attends.... c'est plein de messages subliminaux ce soir...)

    Julie 23/01/2007 15:43

    Oui, c'est pas faux.

    cubik 23/01/2007 14:48

    ahlalala, c'est petit de vouloir briser les vocations de plombier-chauffagiste-tourneur d'assiette, c'est petit!

    tibou 23/01/2007 12:27

    il était cuit dans la chaufferie?

    cécile 23/01/2007 08:59

    j\\\'ai la version coucou maman je me suis cachée dans une armoire I. ou comment j\\\'ai fait fermer un magasin à moi toute seul et affolé la sécurité..elle avait 4 ans..