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    chez Nyl :    visiteurs

    4 novembre 2014 2 04 /11 /novembre /2014 22:19

    Il était une fois il y a 65 ans plus ou moins environ.


    5 mômes, de bébé à pas très grands,  jouent dans la cour de l’école qui leur sert aussi de maison. Dans la cour de l’école ou pas très loin, je ne sais pas je n’y étais pas, un puits.


    Une des plus effrontée des 4 plus grands grimpe sur la margelle et cherche à accrocher son seau en jouet pour aller chercher de l’eau tout au fond.


    Un papa attentif voit le drame en train de se jouer et intervient, discrètement, pour faire redescendre ce petit monde de son délire. Puis une fois descendu c’est la peur qui l’emporte et c’est avec une bonne claque sur les fesses du pain sec et de l’eau que la bande de gamins va se coucher.


    La plus grande, ma tata M, se rappelle bien de tout ça, et nous le raconte aujourd’hui ; ma maman l’effrontée se rappelle bien de la claque sur les fesses mais pas du pain sec et de l’eau. Mon pépé quant à lui n’est plus là pour raconter.


    Ma fille à moi, la petiote du haut de ses 6 ans en a gros sur le cœur d’écouter cette histoire et pleure de cette injustice terrible que d’envoyer au lit, sans manger que du pain sec et de l’eau, sa mamie ; après lui avoir donné une fessée. C’est impossible, ce pépé qu’elle n’a pas connu est bien trop méchant, et sa pauvre mamie si petite n’aurait jamais du être punie aussi fort. C’est Tata Léone qui en a de la chance car elle, comme c’était un bébé, elle n’est pas montée sur le puits et n’a pas été punie.


    J’ai beau lui expliquer que ça fait si longtemps que c’est oublié pardonné, j’ai beau lui expliqué que pépé a grondé suffisamment fort ses enfants tellement il avait eu peur pour eux, tellement c’était dangereux, et pour qu’ils ne recommencent jamais ça. Mais rien n’y fait. C’est injuste et c’est tout.


    Avant de se coucher, ce soir d’injustice nostalgique, l’enfant demande à lire son nouveau livre merveilleux, « le Kididoc des Pourquoi ». On y apprend pourquoi le pipi est chaud, pourquoi la pluie, pourquoi les égouts, pourquoi les rayures des zèbres ou encore pourquoi les poils.

     

    Mais aussi, pourquoi doit-on obéir à ses parents. « Parce qu’ils ont plus d’expérience : ils savent ce qui est dangereux et ce qui ne l’est pas. Ils protègent leurs enfants et les aident à grandir. »


    Et là, le cerveau émotionnel frontal de l’enfant de 6 ans du tac au tac réagit à ses quelques mots pour fustiger son pépé qu’elle connaît même si elle ne l’a pas connu parce que quand même, c’est pas en donnant du pain sec et de l’eau à ses enfants qu’on les aide à grandir ! et encore moins sa mamie à elle !


    Alors moi, la maman à mon tour, je lui demande pourquoi il a voulu les gronder assez fort et qu’ils ne recommencent jamais jamais cette bêtise. Et là le cerveau déductif de l’enfant qui grandit s’est mit en route instantanément pour prendre le relais du cerveau primal, les larmes se sont arrêtées.


    « Parce qu’elle aurait pu mourir en tombant…"


    [rapide pause de réflexion express]


    "Mais alors maman, si mamie elle était morte, tu serais pas née, et moi non plus ! hooooo…. »

     

    Et debout sur le lit, dans la maison de mon pépé et ma mémée (les autres, ceux qui avaient parfois un ptit gars à gronder lorsqu’il faisait des bêtises) mon petit bout de machin déjà grand se met à envoyer en l’air des bisous qui volent et des merci. Pour son pépé qui a réussi à protéger sa mamie, et à nous donner la vie.


    Merci pépé, tu m’a permis une bien jolie rencontre en sauvant ma maman !

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    2 novembre 2014 7 02 /11 /novembre /2014 22:26

     

    « Mais tu es fan ! » m’a dit mon amie lorsque je lui dis, lors du Concert anniversaire des 20 ans des Ogres de Barback à l’Olympia, que mon dernier concert… c’était les Ogres, un an plus tôt.

    Déjà, ce n’était pas tout à fait vrai, j’en ai fait quelques autres depuis.


    Et puis… non. Je ne suis pas fan. On ne peut pas être fan des Ogres. Parce que pour être fan, faut avoir une star, et tu vois, les Ogres, c’est pas une star.


    Les Ogres, c’est des gens. Bon ok, dire ça pour des ogres, ce n’est pas banal. C’est des gens, des vrais gens, qui font de la musique et qui disent plein de belles choses dans leur musique. Des gens de valeurs, des artistes qui nous font ouvrir grands tous nos sens quand on les écoute, quand on les voit. Parce qu’ils nous font réfléchir aussi, et grandir en gardant une âme d’enfant. Mais pas des stars. Les stars, ça a quelque chose d’inaccessible, ça se croit vraiment grand une star, et ça te fait te sentir tout petit. Une star, ça fait pas grandir ses fans, je ne pense pas...


    Les ogres, ils sont 4. Et ils jouent de la flûte traversière (et que je me sens toute petite avec ma flûte à moi lorsque je vois et j’entends Mathilde jouer…), du violon, du violoncelle, de l’accordéon (alors que c’est, quand même, un instrument pour les cons !), du tuba, du trombone, de la trompette, du piano, de la scie, des claquettes, de la basse, de la guitare électrique, des mots, de la contrebasse, des percussions, de la voix aussi… et j’en oublie sûrement.

    Quand on est modestement musicien, un concert des ogres, même quand ils ne sont que quatre, c’est un vrai régal !


    Les Ogres, ça a quelque chose de terrifiant normalement. Mais pas eux. Ces ogres là, quand ils sont devant toi, ils sont comme toi. Et puis les ogres, dans leur musique depuis tout ce temps, ils amènent et font danser le monde entier. La musique pour eux a toute les couleurs, ils subliment les sons du monde.


    Les Ogres, pour leur anniversaire de 20 ans, ils font monter sur scène leurs amis et leur famille, et ceux là ont entre 4 et 80 ans, à vue de nez. Et ça, c’est juste bon. Dans la salle c’est pareil, de 4 à 80 ans, et tout le monde chante et tout le monde danse. Et tout le monde a parfois les poils des bras qui se dressent, le cœur qui se serre…


    Les ogres, pour leur anniversaire, font plein de cadeaux aux gens qui partagent leur route. Et ils le font en toute humilité. Quand tu rencontres les Ogres, ailleurs que  sur scène, ils sont tout autant intimidés que toi et il se dit peu de choses. Ma fille a parlé avec Fred, a dit « à tout à l’heure » à Alice avec un signe de la main, mais ce jour là, il y a un an, à quelques heures de leur concert on n’a pas échangé beaucoup plus qu’un merci. Lorsque tu les vois sur scène, tu vois aussi toute cette réserve et cette pudeur, qui n’empêche pas la folie, et surtout pas le talent. Et quand tu vois de loin les ogrillons, c’est la même simplicité qui se dégage de leurs attitudes. Une bande de gamins qui ressemble aux tiens finalement.

     

    Je ne sais pas pourquoi ils s’appellent les Ogres de Barback. Mais les Ogres ça leur va bien, parce que tout ce qu’ils voient tout ce qu’ils vivent tout ce qu’ils entendent, ils le dévorent le subliment et nous le font déguster, rêver, hurler aussi parfois, parce que c’est nécessaire.


    Bon anniversaire les ogres, et encore plein de joyeux bordel tout autour de vous !

     

     

    L'effet des Ogres de Barback sur Amandine

    l'année passée, en fin de concert.

    IMAG1360.jpg

    Le Site de Les Ogres :

    http://www.lesogres.com/actuhome/upload/images/news_photos/18-cart-com-recto.jpg

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    18 août 2014 1 18 /08 /août /2014 23:51

    Il était une fois Petit mille-pattes. Petit mille-pattes qui se faufile qui se dandine dans les couloirs. Petit mille-pattes s’est baladé lorsque le Petit Lord n’était pas là. Petit mille-pattes a retrouvé sa cachette.

     

    Il était une fois, un joli papillon égaré dans une chambre. Joli papillon tourne tourne tourne en rond. Joli Papillon virevolte dans tous les sens pour éviter les mains du Petit Lord. Petit Papillon s’échappe par la fenêtre, et le Petit Lord auss… Non ! Je ne sais plus si c’est Bibi Thomas Christophe ou Amzo, mais l’un deux l’a rattrapé à temps, Little Lord suivait son papillon.

     

    Il était une fois un jour de pêche à l’épuisette. Cédric le grand barbu, qui connaît chaque brin d’herbe du quartier, éveille les sens des enfants et leur fait découvrir les joies des toutes les petites bêtes de l’étang. Mini sangsues, notonectes, dytiques, planorbes et autre argyronètes se baladent dans le bocal. Little Lord dans son épuisette attrape un poisson chat. Magnifique. Monstrueux. Affamé.

     

    Poisson-chat se retrouve  avec les petites bêtes du bocal. Un ouragan plus tard, l’eau du bocal est translucide.

    Poisson-chat n’a plus faim, il regarde béatement le Petit Lord.

     

    Il était une fois Long Scolopendre. Magnifique. Poilu. Vif. La truffe brillante. Du genre qui traverse les couloirs en courant. Du genre qui effraie les petites filles. Du genre qui fait trépigner le Petit Lord. Long Scolopendre rencontre une enveloppe glissée par les petits doigts de Little Lord, et rejoint ses copains.

     

    Il était une fois un Petit Lord. Les yeux brillants, au moment de l’inventaire de fin de séjour, il nous dévoile ses trésors. Quatre enveloppes, légèrement gonflées, cachées sous son matelas. Quatre enveloppes que je lui ai « prêtées » en début de séjour. Dans la première, Long Scolopendre et ses copains, toujours poilus, mais bien moins vifs. Dans la deuxième, des araignées, mais sans leur toile, les yeux éteints. Dans la troisième, des cloportes, des vrais, trouvés au creux des pierres de notre ancienne écurie. Et enfin, dans la dernière, des myriapodes. Un joli nom pour une bestiole munie de lassos sur le corps. Un vrai trésor pour notre enfant Princier, qui les aurait préféré vivantes ses petites bestioles, mais ne savait pas comment faire pour les garder.

     

    Nous, on n’a rien vu. Ni qu’il y avait autant de petites bestioles dans les murs. Ni que le Petit Lord faisait des collections. Ni qu’il éradiquait tranquillement l’écosystème des murs de l’écurie.

     

    Et pourtant, on a très peu laissé cet enfant là sans surveillance, avec sa manie de suivre les papillons par les fenêtres du deuxième étage.

    8 août 2014 5 08 /08 /août /2014 23:08

    Quelqu’un dort à la colo. Quelqu’un est venu en costume et avec un chapeau. On pourrait croire qu’il est venu raconter des histoires, on pourrait croire qu’il est venu nous faire un petit concert, on pourrait croire qu’il est déguisé puisque nous sommes plutôt en short nous…

     

    On pourrait croire. Mais non. Quelqu’un est venu voir « comment ça se passe ». Quelqu’un est là dès le matin, à 7h00 il est debout. Et sceptique. Depuis quand les parents payent pour laisser dormir les enfants ? Depuis quand ce sont les enfants qui décident à quelle heure ils peuvent se lever, et même aller manger ? Depuis quand on n’est pas tous à 9h00 pile au garde à vous pour la séance de gym chansons paillardes ? Depuis quand ?

     

    Moi, j’ai le trac.

     

    Ce monsieur là nous a confié au nom de l’entreprise pour laquelle il travaille environ plus ou moins la moitié des 70 enfants présents sur le centre. Ce quelqu’un là avec son lien avec l’association pour laquelle nous travaillons fait presque à lui tout seul vivre l’association. Alors forcément, ce n’est pas rien, la visite de quelqu’un. Ce jour là je mets mon plus joli short, et je lui explique le projet, le p’tit dej, et puis je lui fais vivre surtout.

     

    Quelqu’un passe la journée avec nous, son costume, et son chapeau. Il a un petit air désuet. Avant de nous quitter, Quelqu’un me dit qu’il était sceptique, voire même critique de ce que je lui avais présenté. Mais qu’il se trouve ravi de voir avec quelle autonomie et quel respect des autres les enfants évoluent dans le centre, le nombre d’activités qu'ilsfont et de projets qu'ils ont même si à 10h30 le petit Viking dort encore.

     

    Alors moi, j’éclate toute entière lorsque le soir les enfants sont endormis, et que l’on se retrouve entre adultes. C’est mon premier gros projet gros comme ça, depuis tout le début que j’écris tous ces mots là qui me font grandir, de l’enfant à la fermeture éclair à l’enfant-lune, j’en suis arrivée à me dire que c’est une évidence que c’est comme ça qu’il faut faire en collectif d’enfants.

     

    Mais je sais que tout le monde est loin d’en être convaincu, que tout le monde n’a pas grandi avec moi. Et Quelqu’un non plus.

     

    Bibi non plus n’a pas grandi avec moi.

     

    Bibi est rentré dans la colo déjà grand, intérieurement et complètement composé dans sa tête son corps et son cœur pour respecter chaque enfant pour ce qu’il est, pour ce qu’il peut apporter, pour son chemin à venir. Et c’est ce que j’aime chez lui (en plus de ses mains sa voix et sa musique, mais là ça ne compte pas). Et c’est pour ça que j’ai voulu l’emmener avec nous dans cette aventure même s’il n’avait jamais fait ce boulot là.

     

    Bibi ne comprends pas ce qu’il me prend d’être à ce point ravie que Quelqu’un apprécie notre projet et l’organisation de notre petite colo. Ou plutôt si. Bibi comprends trop bien qu’on n’a pas fait tout ça pour les mômes, qu’on a fait tout ça pour le vendre à ceux qui achètent le séjour. Moi, je ne comprends pas ce que Bibi a compris, je ne comprends pas mais je vois qu’il boude. Qu’il me boude. Plusieurs jours. Je tiens ma place, je continue, je fais comme si, mais quelque chose est cassé sur notre colo qui ne tourne plus très rond.

     

    J’ai souvenir de la cassure, mais je ne sais plus comment nous avons retrouvé le tourne en rond de notre colo. Je sais qu’on a longtemps parlé, je sais aussi que j’ai essayé d’expliquer que même si nous étions convaincus, nous, de la raison d’être de ce projet pour les enfants que l’on nous confiait, nous n’étions modestement qu’un petit wagon d’un train bien plus grand, qui s’il n’a pas de loco ni de chauffeur ne pourra pas partir très loin.

     

    Aujourd’hui encore, je ne suis pas complètement sûre d’avoir convaincu Bibi ce jour là que c’était bien du fond du cœur et de mes valeurs que ce projet avait pu voir le jour. Les rares fois où nous nous sommes croisés j’ai retrouvé sa voix, ses mains sa musique et le sourire ravi de nos souvenirs. Même si j’aurai toujours ce doute en moi, quel plaisir ça a été d’avoir pu travailler avec la spontanéïté de cet animateur nouveau-né déjà si grand de son histoire à lui, de ses convictions, ses valeurs, qu’il portait comme des évidences, comme son saxo sur son dos (pieds nus pour traverser Paris), là où moi il m’avait fallu plusieurs années d’expérience pour me les construire.

     

    (cliquez dessous pour voir comment ce type déjà grand il y a (presque) 20 ans a continué de grandir)

     

    22 juin 2014 7 22 /06 /juin /2014 11:28

    Un Viking, c’est grand c’est fort, c’est résistant.


    Un Viking, ça navigue sur les flots, ça se moque du temps qu’il fait, ça a les cheveux blonds, et un prénom qui claque en une syllabe. Sinon, ce n’est pas un Viking.


    Nous, on a notre Viking. Il est comme ça, à fond, tout le temps, et convaincu de ce qu’il veut faire. Il a 9 ou 10 ans.


    Mais, on ne le dit pas assez, c’est fatigant d’être un Viking… Et un Viking fatigué, c’est pareil, à fond, quel que soit le temps qu’il fait et les bruits autour. Il dort. A fond.


    Rien n’interrompt son sommeil. Ni le bruissement des affichettes jour/nuit que l’on retourne, ni les chuchotis des premiers réveils, ni les douches de ceux qui préfèrent le matin, pas plus les habillages discrets ou moins discrets, rien de mieux pour les éclats de rire du Roi d’Agobert qui met sa culotte à l’envers. La voix forte d’un animateur qui rattrape un môme par la fenêtre ? Même pas ! Et même l’aspirateur dans les chambres d’à côté... Un Viking qui dort, ça dort terriblement profondément.


    Si tu doutes du petit déjeuner individualisé, le Viking ne peut que te convaincre qu’à défaut d’être bien tout court, c’est bien pour lui. Ensuite, le Viking mange. Seul en cuisine, chouchouté par les « dames ». Tu savais que quand tu travailles en cuisine, tu es une « dame » ? On oublie souvent que c’est classe d’être une « dame », moi je trouve ça classe. Même de cuisine. Surtout de cuisine d’ailleurs… que ferait-on sans elles ??


    Puis le Viking rejoins un groupe, une activité, les cheveux encore un peu en pétard, il faut dire qu’un look de Viking, ça s’entretient. Parfois le Viking s’arme de courage et demande un réveil plus tôt pour ne pas louper le départ en aventure du matin. Mais c’est assez rare, ou encore c’est compromis par le « Grmmph » matinal du Viking qui, décidément, dort à fond.


    Le Viking a un papa. Qui bosse. Et qui est intimement convaincu que c’est bien plus mieux pour son petit Viking de partir 15 jours en vadrouille que de vadrouiller 15 jours dans le quartier. Un papa qu’au bout de quelques jours j’appelle pour lui parler du sommeil de son petit Viking. Le papa Viking (sûrement barbu, enfin j’imagine) est plus que ravi de savoir qu’en plus d’être allé vadrouiller et découvrir sa vie rien qu’à lui pendant 15 jours, son rejeton reprendra sûrement l’école reposé.


    Et à fond ?

     

     

     

    http://www.sticker-autocollant.com/9804-15192-thickbox/stickers-enfant-viking.jpg

    11 juin 2014 3 11 /06 /juin /2014 22:11

    Un petit déjeuner individualisé, c’est mettre en place un matin où chaque enfant est respecté dans son rythme. C’est mettre en place un réveil qui a un air de vacances, puisque chacun dormira ce dont il a besoin pour être bien.


    C’est un gros boulot de préparation, un gros boulot de mise en place les premiers jours, mais une fois que ça tourne, c’est du bonheur pour tout le monde.


    7h00 à peine. L’heure des premiers adultes. Christophe, c’est le directeur adjoint .L’homme blond aux cheveux longs qui dessine si bien les clowns et dompte les enfants rebelle dans les escaliers ; celui-là encore qui raconte des histoires dans les oreilles des enfants lorsqu’ils tombent dans l’herbe. Christophe donc, ou moi, avons le privilège de la cuisine, à l’heure où tout le monde dort encore. Mettre le lait à chauffer, démarrer la cafetière, préparer les produits frais sur la table du buffet. Le reste a été préparé la veille par le personnel de restauration.


    7h00 encore. Un animateur louvoie dans les couloirs, il accueille au réveil les plus matinaux, mais surtout passe discrètement dans chaque chambre. Il retourne la petite pancarte près de la porte, où le symbole de la nuit fait place à un joli soleil. C’est le signe que l’on peut se lever, mais discrètement, les adultes sont levés.


    7h00 toujours. Un animateur ouvre la grande salle d’activités : dans un coin les kaplas, ailleurs les voitures, dans un autre du dessin. Il y a aussi des bouquins, des jeux de société et tout ce qu’il faut pour se réveiller, se retrouver aussi, ou juste trainer un peu.


    7h00, déjà. L’heure des premiers enfants aussi. Ils mettent un pull par-dessus le pyjama, passent aux toilettes, enfilent leurs chaussures, font un câlin parfois à l’animateur qui est là, puis rejoignent la salle.


    7h30. La salle du petit dej est ouverte. Ho rien d’obligatoire ! Tu peux finir ton bouquin, venir manger directement si tu viens de te lever ; aller faire une tour géante en kaplas si tu préfères attendre tes copains qui dorment encore pour venir déjeuner. Les animateurs se lèvent au rythme des enfants et se relaient aussi, pour manger à leur tour. Jusqu’à 9h00 tu peux venir manger.

    Jusqu’à 9h00.


    Oui, mais si tu dors encore ? Si tu dors encore, les copains viendront super discrètement chercher leurs habits, préparés la veille au soir, et s’habilleront dans la salle de bain. Un animateur restera au niveau des chambres, et lorsque tu te réveilleras, il t’accompagnera en cuisine. Le personnel de ménage fera ta chambre après les autres. En cuisine, la cuisinière te préparera un petit dej rien que pour toi.


    Ensuite, tu pourras rejoindre les copains en activité.


    Un petit déjeuner individualisé, c’est un rythme de vie respecté, et une colo qui démarre chaque matin en toute sérénité.

    1 juin 2014 7 01 /06 /juin /2014 22:15

    Je ne sais plus.

     

    Je ne sais plus combien d’animateurs sont là.

     

    Je sais qu’il y a Thomas, sa basse, sa bonne humeur, tout ce qu’il faut ;

     

    Je sais qu’il y a une jeune musicienne classique qui un jour laissera échapper son gobelet de thé brulant, je pense que sa cuisse s’en souvient encore ; A moins que c’était bien à cet endroit là mais au séjour du mois d’aôut précédent ?

     

    Je sais qu’il y a une demoiselle qui joue de l’accordéon, musique folklorique ;

     

    Je sais qu’il y a un jeune plutôt pop qui joue de la guitare électrique ;

     

    Il y  a Bibi, qui se promène à pieds en région parisienne, le saxo sur le dos. Un mec droit aux mains géantes et au talent fou, qui part pour la première fois faire une colo ; Il sillonne toujours les routes du coin, et chante comme divinement bien.

     

    Il y a une copine de longue date et son violon, animatrice chevronnée et future maîtresse d'école ;

     

    Il y a Ana et son piano (à moins, que non pas cette fois là, je ne sais plus trop) ;

     

    Il y a Zou, une pêche d'enfer, des idées plein la tête. C'est une fille ;) ;

     

    Il y a Amzo et ses percussions africaines ;

     

    Il y a Christophe, mon adjoint, qui joue de tout ce qu’il touche ;

     

    Il y a moi, qui ne joue de rien lorsque je n’ai pas de partition ;

     

    Il y a 70 mômes et un projet dans lequel chaque enfant, après un temps de découverte, va choisir avec quel animateur il va faire de la musique. Il y a une colo où les mômes écoutent et pratiquent de tout sur tous les styles. Il y a une colo où une bonne douzaine d’adultes vivent ensemble 14 jours, alors que, pour certains, ils ne se seraient peut-être jamais rencontrés sans cette colo.

     

    Il y a un projet dans lequel nous allons tous découvrir les moindres petites et grosses bêtes du coin, accompagnés par les aventuriers locaux qui connaissent chaque coin et recoin par cœur.

     

    Il y a un projet dans lequel les enfants se retrouveront parfois pour chanter ensemble, et aussi faire des batucadas, de temps en temp.

     

    Il y a un projet dans lequel on souhaite que chaque enfant trouve sa place, et rentre autant ravi de ses vacances que reposé avant de reprendre l’école.

     

    Il y a notre premier vrai grand projet, et qui nous tient fort à cœur.

     

    On t’emmène ?

    28 mai 2014 3 28 /05 /mai /2014 21:56

    De cette colo dans cette grande maison, je me souviens de tous ces mômes un peu cassés, un peu bancals, mais peu des autres. Il faut dire que pour la première fois, j’étais directrice. Séjour court avec peu d’enfants, mais séjour intense s’il en est ! Ce n’est pas à chaque fois qu’on vit tout ça… et heureusement !


    D’ailleurs au retour de la gare où j’ai suivi le car, je m’endormais littéralement au volant de la voiture de la colo. Si bien que je me suis arrêtée au bord de cette nationale, toute droite en pleine forêt, qui monte et qui descend et qui n’en finit pas et j’ai fait une sieste.

    J’étais vidée.


    Mais je me suis sentie à ma place tout le long.


    J’ai adoré avoir cette petite fille qui nous a tellement déconcertés mais tant apportés. J’ai adoré monter un morceau de musique à peine répété avec l’équipe d’animateurs, pour le jouer aux gamins. J’ai adoré rentrer au centre avec mon petit bonhomme réparé. J’ai adoré le concert dans le gymnase du village, quand nous avons repris un air Irlandais « qui tourne en rond », le thème de Dan Ar Braz « the green lands », que l’on joue cette année avec mon orchestre d’harmonie d’ailleur, nostalgie quand tu nous tiens... Cette fois là il y a un joli paquet d’années, ce n’était sûrement pas un grand moment de musicalité, mais ce fut un très grand moment de partage pour nous tous et le public présent, avec l’enfant lune qui jouait des claves.


    J’ai adoré la complicité avec la petite dame qui était avec nous tout du long du séjour pour nous faire la cuisine, mais aussi un peu de logistique, de lessives, et beaucoup de tendresse. J’ai appris avec elle que grâce au personnel technique, on tient debout chaque jour ; de précieuses personnes !


    Alors avec mon adjoint si blond aux cheveux longs, on a décidé de repartir. Et de faire un truc fou.


    Pour la colo suivante, aux vacances de printemps, on partirait 15 jours. Et pendant ces  15 jours, on mettrait en place un petit déjeuner individualisé. Et pendant ces 15 jours de colo musicale, on se débrouillerait pour recruter une équipe d’animateurs musiciens et de musiciens animateurs de tous horizons. On en avait déjà quelques uns.


    Et pour ces 15 jours là, on partirait dans un endroit que je connais du bout des doigts, puisque j’y suis déjà allée plusieurs fois. La dernière fois, j’y étais directrice adjointe, avec un enfant qui « steack haché » et des joueurs de foot.


    Cette fois, on part avec environ 70 enfants, on aura les locaux rien que pour nous.


    Et pendant ces 15 jours là, on va continuer de grandir.

     



    En fait, avec ce boulot, on grandit chaque jour

     

     

     

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    23 mai 2014 5 23 /05 /mai /2014 19:38

    La nuit fut noire et douloureuse. Etrange aussi. Je suis fatiguée. L’enfant et son otite dorment enfin.


    Un animateur arrive en portant dans les bras notre enfant-bulle aux joues à croquer. « T’inquiète pas, il est tombé dans l’herbe, il doit juste avoir une écorchure au genou ! ».


    Ouf.


    Sauf que...


    Sauf que la tache sombre qui s’agrandit sur son pantalon ne correspond pas à la description de la chute. Sauf que quand l’enfant baisse son pantalon il le remonte aussitôt, livide. « C’est un gros bobo tu sais ».


    La plaie est plus grande que le petit genou, je m’assieds pour ne pas tomber lorsque je vois ce petit genou qui a l’air explosé. Et j’appelle les pompiers. C’est un gendarme qui me répond. Que les pompiers sont mobilisés sur un feu de ferme… il va falloir vous débrouiller ma bonne dame on ne peut rien faire pour vous.


    Heuuu… mais s’il y avait le feu sur la colo ? S'il avait perdu connaissanc ? Si... « Oui, ben y’ pas le feu on n’va pas inventer des problèmes là où y’en n’a pas hein ! »


    Lui il n’a peut-être pas de problème, mais moi oui. Et l’enfant au dossier médical plus grand que lui aussi.


    J’appelle le médecin. Pas le Père Noël qui fait médecin la nuit, non, le vrai Père Noël.


    Ou le vrai médecin, je ne sais plus.


    Le vrai médecin finalement, qui me conseille les premiers soins à faire, avant de passer le voir sur le chemin de l’hôpital.


    On roule, l’enfant-bulle est effrayé, je suis loin d’être rassurée, à la colo, le temps s’est arrêté.

    Le vrai médecin nous accueille devant son cabinet. « Ha oui quand même, c’est plus important que je ne le croyais ! » Heu… sil s’était juste s’agit de deux points de suture nous n’aurions pas fait autant de bruit docteur…


    A l’hôpital, nous sommes attendus. Pas l’enfant bulle qui a besoin de soins, non, nous, les adultes! L’enfant-bulle hurle tout ce qu’il peut. Pas de douleur non, il dit même qu’il n’a pas mal, mais de peur, de « déjà vus » et de son histoire qui n’a pas du être toujours très drôle.


    Nous sommes attendus pour un interrogatoire serré. Vu l’état du genou de l’enfant-bulle, effectivement fort impressionnant, nous sommes forcément des inconscients… Pendant ce temps, la petite voix enrouée d’avoir crié, répète inlassablement « Maischuistombédanslherbeuuuuuuh ! » Il a compris ce petit bonhomme que ces médecins sont en train de nous dire que s’il a mal au genou, c’est de notre faute. Alors il répète encore et encore « Maischuistombédanslherbeuuuuuuh ! ».


    Puis je me fâche un coup. « C’est pas bientôt fini de crier, puis de chouiner, puis de trépigner, d’ailleurs tu peux pas trépigner tu as le genou tout abîmé ! Il fallait pas sauter sur les lits la si la sol fa mi, tu seras privé de dessert, la si la sol fa mi aussi ! ». Ha non, je m’embrouille, ce n’est pas après l’enfant bulle que je me fâche, c’est après le personnel soignant qui joue les détectives privés alors que l’enfant a besoin d’une radio, de points de suture, et qu’on s’en aille de cet hôpital !


    Ok je connais mes responsabilités, on va effectivement chercher à comprendre ce qui s’est passé pendant ce jeu éminemment dangereux qu’est le facteur (mais qui vous a dit qu’il sautait sur les lits ?), mais en attendant il faut soigner cet enfant.


    Une heure le facteur n’est pas passé, deux heues, le facteur n'est pas passé, ..., cinq heures l’enfant-bulle n’est toujours pas soigné.


    Opération sous anesthésie locale, la voix de mon adjoint si blond aux cheveux longs qui raconte à l’enfant bulle une histoire dans l’oreille. (de renard, je crois, l’histoire). Une histoire dont les soignants ne voulaient pas, « vous n’êtes pas les parents ». Une histoire qu’ils ont finie par réclamer, l’enfant ayant repris ses cris stridents. Les mots dans l’oreille ont tout changé, et l’enfant-bulle a retrouvé tout son courage.


    Un drain dans la plaie et 7 (septs ; VII) points de suture plus tard, nous attaquons le tour des pharmacies locales pour trouver l’attelle à la taille du genou d’un enfant grand comme un dossier médical.


    L’enfant-bulle rentre au centre en héros.


    Au centre, on  a  mené l’enquête en notre absence. Aucun caillou n’a été trouvé sur le terrain de jeu du facteur. Le pantalon une fois lavé est impeccable, comme neuf. Un petit jogging gris chiné. La peau trop fine de l’enfant bulle a éclaté comme la peau d’une tomate trop fine, sous le choc de sa chute. C’est ce que l’équipe médicale qui suit le petit bonhomme aux joues à croquer depuis sa naissance a pu expliquer ensuite à ses parents.


    Ses parents, il faut les appeler d’ailleurs. Ils ne me laissent pas parler... Non la grande sœur n’est pas tombée dans l’escalier ; non non l’enfant bulle n’a pas fait de crise d’asthme. Mais il est là, à côté de moi, on va vous raconter ce qu’il s’est passé. Les parents sont fâchés après l’hôpital, vu l’histoire de l’enfant et son dossier, ils auraient du rentrer en contact avec l’équipe médicale qui le suit depuis toujours. Heureusement, tout s’est bien fini. Ces parents là avaient confiance en nous, c’était plus facile d'expliquer. Peut-être qu’avec d’autres parents la gestion de la crise aurait été plus difficile.


    Petit bonhomme a gravé le souvenir de nos colos sur son genou.


    Mais il avait raison : « Chuistombédanslherbe »

     

     

     

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    18 mai 2014 7 18 /05 /mai /2014 21:21

    C’est seulement aujourd’hui que je me rends compte, que ma Mémée a traversé deux guerres. Deux guerres toutes entières.


    Deux guerres dont je ne me souviens pas avoir parlé avec elle.


    Ma mémée, je l’appelais mémée Poule. Elle était de plus en petite et moi de plus en plus grande. Elle me disait toujours que j’avais encore grandi. Ma mémée m’a offert ma boite à couture, dont je me sers toujours. Elle est tout en vrac ma boîte à couture, et chaque fois que je l’ouvre je me dis que ça, ça ne lui plairait pas trop à ma mémée.


    Ma mémée, je sais qu’elle regarderait ma jolie demoiselle, qu’elle n’a pas eu la chance de connaître, avec ses yeux bienveillants de mamie qui aime les aime les enfants, qu’elle l’appellerait « ma p’tite fille ». Un jour qu’elle avait un peu plus d’un an, j’observai ma tartelette en train de s’activer à sa table de dessin. Et j’ai vu ma mémée, elle lui ressemblait. Alors j’ai continué de la regarder en souriant.


    Ma mémée, elle m’a appris des mots que j’utilise toujours, des mots que tu ne connais pas forcément. Le dvantio et le ramasse-bourrier par exemple. Ma mémée parfois, elle regardait par la fenêtre pour dire « ho, l’temps s’aberdaunit, y va cheu’n’r’napée ! ». Dans ce cas là, soit on restait au chaud dans la maison fraiche, soit on sortait les parapluies.


    Ma mémée, elle habitait dans la maison où j’habiterai quand je serais grande avec mes sept enfants. Ou pas finalement. Cette maison là.


    Ma mémée, je crois qu’elle serait contente de savoir le métier que je fais aujourd’hui, et qu’après mon dos cassé j’y suis arrivée. Qu’est-ce que j’aurais aimé pouvoir lui annoncer !


    Ma mémée, elle s’appelait « hé dis donc », ou « es-tu là » quand c’est mon pépé qui l’appelait. Ma mémée a appris à lire à tout plein d’enfants, dont ma maman, son frère et ses sœurs. Ma mémée m’a appris à jouer au scrabble, et j’aime toujours autant les mots, les vrais. J’ai l’impression de contaminer ma fille.


    Ma mémée enfin, je l’ai racontée à ma fille, comme mon pépé d’ailleurs. Du haut de ses trois ans un jour où l’on passait pas loin de chez eux, elle leur a envoyé des bisous prout. Pour les faire rigoler, parce qu’on ne doit pas trop rigoler souvent quand on est mort, m’avait-elle dit sans prononcer les R qui n’avaient pas encore trouver le chemin de sa toute petite bouche. Une autre fois ici, dans ma maison qui a elle aussi un escalier en bois et quelques recoins dehors, Amandine a couru en rond dans le jardin pour revenir s’asseoir près de moi. Elle m’a expliqué qu’elle pensait à Pépé et Mémée Poule. Elle les avait fait courir un peu parce qu’on doit pas courir beaucoup quand on est mort.


    Bon anniversaire Mémée ! 100 ans c’est pas tous les jours.


    On est un peu éparpillés tu sais, mais qu’est-ce qu’on pense à toi, à vous ! Et je sais que nous tous, ta famille, à la manière d’Amandine on te fait partager nos petits et grands bonheurs en pensant fort à  toi, à pépé. Et il n’y en a pas un qui fait du vélo sans prendre pépé sur son porte bagage. Merci pour tout !

    Published by Nyl - dans des gens ...
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