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    23 mai 2014 5 23 /05 /mai /2014 19:38

    La nuit fut noire et douloureuse. Etrange aussi. Je suis fatiguée. L’enfant et son otite dorment enfin.


    Un animateur arrive en portant dans les bras notre enfant-bulle aux joues à croquer. « T’inquiète pas, il est tombé dans l’herbe, il doit juste avoir une écorchure au genou ! ».


    Ouf.


    Sauf que...


    Sauf que la tache sombre qui s’agrandit sur son pantalon ne correspond pas à la description de la chute. Sauf que quand l’enfant baisse son pantalon il le remonte aussitôt, livide. « C’est un gros bobo tu sais ».


    La plaie est plus grande que le petit genou, je m’assieds pour ne pas tomber lorsque je vois ce petit genou qui a l’air explosé. Et j’appelle les pompiers. C’est un gendarme qui me répond. Que les pompiers sont mobilisés sur un feu de ferme… il va falloir vous débrouiller ma bonne dame on ne peut rien faire pour vous.


    Heuuu… mais s’il y avait le feu sur la colo ? S'il avait perdu connaissanc ? Si... « Oui, ben y’ pas le feu on n’va pas inventer des problèmes là où y’en n’a pas hein ! »


    Lui il n’a peut-être pas de problème, mais moi oui. Et l’enfant au dossier médical plus grand que lui aussi.


    J’appelle le médecin. Pas le Père Noël qui fait médecin la nuit, non, le vrai Père Noël.


    Ou le vrai médecin, je ne sais plus.


    Le vrai médecin finalement, qui me conseille les premiers soins à faire, avant de passer le voir sur le chemin de l’hôpital.


    On roule, l’enfant-bulle est effrayé, je suis loin d’être rassurée, à la colo, le temps s’est arrêté.

    Le vrai médecin nous accueille devant son cabinet. « Ha oui quand même, c’est plus important que je ne le croyais ! » Heu… sil s’était juste s’agit de deux points de suture nous n’aurions pas fait autant de bruit docteur…


    A l’hôpital, nous sommes attendus. Pas l’enfant bulle qui a besoin de soins, non, nous, les adultes! L’enfant-bulle hurle tout ce qu’il peut. Pas de douleur non, il dit même qu’il n’a pas mal, mais de peur, de « déjà vus » et de son histoire qui n’a pas du être toujours très drôle.


    Nous sommes attendus pour un interrogatoire serré. Vu l’état du genou de l’enfant-bulle, effectivement fort impressionnant, nous sommes forcément des inconscients… Pendant ce temps, la petite voix enrouée d’avoir crié, répète inlassablement « Maischuistombédanslherbeuuuuuuh ! » Il a compris ce petit bonhomme que ces médecins sont en train de nous dire que s’il a mal au genou, c’est de notre faute. Alors il répète encore et encore « Maischuistombédanslherbeuuuuuuh ! ».


    Puis je me fâche un coup. « C’est pas bientôt fini de crier, puis de chouiner, puis de trépigner, d’ailleurs tu peux pas trépigner tu as le genou tout abîmé ! Il fallait pas sauter sur les lits la si la sol fa mi, tu seras privé de dessert, la si la sol fa mi aussi ! ». Ha non, je m’embrouille, ce n’est pas après l’enfant bulle que je me fâche, c’est après le personnel soignant qui joue les détectives privés alors que l’enfant a besoin d’une radio, de points de suture, et qu’on s’en aille de cet hôpital !


    Ok je connais mes responsabilités, on va effectivement chercher à comprendre ce qui s’est passé pendant ce jeu éminemment dangereux qu’est le facteur (mais qui vous a dit qu’il sautait sur les lits ?), mais en attendant il faut soigner cet enfant.


    Une heure le facteur n’est pas passé, deux heues, le facteur n'est pas passé, ..., cinq heures l’enfant-bulle n’est toujours pas soigné.


    Opération sous anesthésie locale, la voix de mon adjoint si blond aux cheveux longs qui raconte à l’enfant bulle une histoire dans l’oreille. (de renard, je crois, l’histoire). Une histoire dont les soignants ne voulaient pas, « vous n’êtes pas les parents ». Une histoire qu’ils ont finie par réclamer, l’enfant ayant repris ses cris stridents. Les mots dans l’oreille ont tout changé, et l’enfant-bulle a retrouvé tout son courage.


    Un drain dans la plaie et 7 (septs ; VII) points de suture plus tard, nous attaquons le tour des pharmacies locales pour trouver l’attelle à la taille du genou d’un enfant grand comme un dossier médical.


    L’enfant-bulle rentre au centre en héros.


    Au centre, on  a  mené l’enquête en notre absence. Aucun caillou n’a été trouvé sur le terrain de jeu du facteur. Le pantalon une fois lavé est impeccable, comme neuf. Un petit jogging gris chiné. La peau trop fine de l’enfant bulle a éclaté comme la peau d’une tomate trop fine, sous le choc de sa chute. C’est ce que l’équipe médicale qui suit le petit bonhomme aux joues à croquer depuis sa naissance a pu expliquer ensuite à ses parents.


    Ses parents, il faut les appeler d’ailleurs. Ils ne me laissent pas parler... Non la grande sœur n’est pas tombée dans l’escalier ; non non l’enfant bulle n’a pas fait de crise d’asthme. Mais il est là, à côté de moi, on va vous raconter ce qu’il s’est passé. Les parents sont fâchés après l’hôpital, vu l’histoire de l’enfant et son dossier, ils auraient du rentrer en contact avec l’équipe médicale qui le suit depuis toujours. Heureusement, tout s’est bien fini. Ces parents là avaient confiance en nous, c’était plus facile d'expliquer. Peut-être qu’avec d’autres parents la gestion de la crise aurait été plus difficile.


    Petit bonhomme a gravé le souvenir de nos colos sur son genou.


    Mais il avait raison : « Chuistombédanslherbe »

     

     

     

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