D’abord, pour compléter la légende, le bassiste à droite de la première photo c’est moi… Avec autant de cheveux, j’ai failli ne pas me reconnaître. La demoiselle au téléphone sur la scène, ben... c’est moi aussi ;-) Avec le soutien-gorge d’Avril, qui faisait du 80D (autant dire que ça serrait vachement, mais qu’il m’a fallu une sacrée dose de coton hydrophile pour le remplir).
Comme vous l’aurez tous compris, après ces témoignages de Nelly, cette colo est tout à la fois l’une des pires et l’une des meilleures expériences musicales et humaines de ma vie. J’ai rarement vu (en tant qu’ado ou en tant qu’anim’) un camp aussi décousu, désorganisé, détraqué,… dé-tout !
Plein de regrets.
Surtout celui d’avoir eu un camp si mal préparé, que personne n’avait pensé à nous prêter du matériel d’enregistrement. Des dizaines de compositions originales, de scènes de théâtre improvisées, de concerts disparus dans les limbes de nos mémoires défaillantes. Sur la première photo, la fille à gauche qui chante (et dont j’ai oublié le prénom), elle chante un morceau original que j’ai arrangé et dont elle a écrit le texte. Je me souviens qu’il m’a fait pleurer, mais c’est tout ce qui me reste (ah si ! on faisait des reprises de Police aussi ensemble ! ). Le dernier soir, quand on a fait ce concert final tous ensemble, Sania (la grande brune ^^) chante « Puisque tu pars » avec deux copines, Tout le monde fond en larmes. Je ne me souviens plus du son de sa voix. Il y’avait quelques graines de talent exceptionnels. On en voulait tellement que lorsque les pros du master class de Jazz étaient là, on avait organisé un concert dehors, pour leur montrer que nous aussi on avait du talent. Laurent Cocklear (un des plus grands bassistes français) était là. J’ai joué mon solo en le regardant dans les yeux, pour y trouver le respect dont on veut tous. Je ne sais pas si je l’ai mérité, je ne sais plus ce que j’ai joué, ni comment. Quelques prénoms me reviennent : Sania, Avril, Patrick, Morgane, Willy, « John », Simone l’italien et les autres…
De tout ça il ne reste rien. Que des bribes.
Plein de bonheurs.
Pour moi, c’est le camp de la révélation. On dit que les adolescents ont besoin de se confronter à la réalité pour se construire. J’ai l’impression forte d’avoir été le témoin là-bas de ma propre émergence, catharsis. Musicien, amoureux, adulte. Je me dis là-bas que je ne suis plus un enfant, que je ne suis pas comme beaucoup d’autres, que j’ai grandi, que j’ai plus hâte de passer de l’autre côté que de rester de celui-là. Plusieurs amis me demandent à la fin du camp, si je reviendrai l’an prochain. « Pas à la même place ».
Je rentre exténué moi aussi, mais heureux. Je repartirai c’est sûr, mais je serai animateur. J’ai ouvert ce jour-là un nouveau chapitre de ma vie qui durera 10 ans et dont Nelly a écrit la préface et les pages les plus importantes.
Merci à toi.
Tom