"Des mailles" parce qu'à l'endroit à l'envers le fil devient magique - "Des mômes" des mots pour dire tout ce qu'ils m'ont donné - "Des images" de mes yeux pour tes yeux parce que ça fait joli - "Des gens" parce que ça fait du bien à la vie.
Je suis rentrée chez moi après ces trois semaines de parenthèses qui m’avaient déconstruite.Je suis rentrée chez moi et j’ai voulu dormir, très longtemps.
Je suis rentrée chez moi, et j’ai raconté la colo à ma maman. Je ne sais plus si j’ai tout raconté, mais j’en ai dis beaucoup.
Ma maman, elle était maîtresse d’école. Pas institutrice ou professeur des écoles, non, c’était la maîtresse. Un jour un élève lui a même offert un joli verre avec une fleur dessinée dessus, et l’inscription « à ma maîtresse ». C’est pour dire…
J’admire beaucoup les enseignants qui arrivent à évoluer dans ce système là, en respectant chaque enfant, en leur donnant le goût d’apprendre. Ils sont plus nombreux qu’on le pense, parce que plus discrets peut-être.
Mais ça ne me ressemblait pas. Alors j’ai fait animatrice. J’ai fait deux ans d’études pour obtenir un DUT-Carrière-Sociale-Animation-Socio-Culturelle. J’ai fait animatrice parce que ça me semblait le métier auprès d’enfants, ou même de plus grands, qui permettait de travailler plus avec les autres, de fédérer ce système composé de tant d’adultes référents, pour ne pas oublier que cet enfant est le même quel que soit le moment de la journée. Parce que je pense que l’agir est la meilleure façon d’apprendre, de grandir, et de se souvenir, parce que ces apprentissages sont des choix et des envies. Parce que pour faire un bateau-pirate, un vrai, même tout petit, il faut lire des livres, compter, mesurer, découper, parler, collaborer, en faire couler 100, et recommencer.
Alors quand je suis rentrée de cette colo là, que j’ai dit c’est terminé, j’ai trouvé ma maman, ma maîtresse aussi. Qui m’a écoutée d’abord. Puis qui a parlé un peu fort un peu dur pour me dire que quelques jours après je repartais, que je m’étais engagée. Je suis partie, elle avait raison. Avec la ferme intention que cette fois c’était le dernier départ. Je ne savais plus ce que j’aurai voulu faire quand je serai grande.
A mon retour, elle qui me connaissait par cœur du bout des doigts m’a proposé de passer mon BAFD, le brevet qui permet d’assurer non plus les fonctions d’animation, mais de direction des centres de vacances ou de loisirs. Il n’en était pas question. J’avais dit que c’était fini.
Je ne pouvais plus agir, elle l’a fait pour moi, et a appelé les CEMEA, organisateur de ces formations, puis m’a passé le combiné. J’aurai pu dire « désolé c’est une erreur », j’ai demandé les renseignements pour m’inscrire à la prochaine session, et j’ai renvoyé mon dossier.
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