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"Des mailles" parce qu'à l'endroit à l'envers le fil devient magique - "Des mômes" des mots pour dire tout ce qu'ils m'ont donné - "Des images" de mes yeux pour tes yeux parce que ça fait joli - "Des gens" parce que ça fait du bien à la vie.

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1994-95 en péniche - petits bobos et grande frayeur

Petits bobos au fil de l’eau, petits bobos et grands frissons.



A chaque repas, rituel des médicaments. A chaque repas, la petite bande sous traitement se rassemble dans un coin de la salle, et chacun a droit a sa pilule son cachet son sirop. Petit carnet des traitements que les enfants cochent à chaque prise, pour ne pas oublier pour ne pas dépasser non plus.

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Journée de plein soleil au bord de la piscine. Les tubes de crème solaire fondent à vue d’œil, les chronos sont stricts et au bout d’1/4 d’heure dans la flotte les mômes ont droit à au moins ¼ d’heure d’ombre, et un nouveau tartinage dans les règles de l’art.

Le soleil tape et on le sait, le soleil tape et on fait gaffe.

Et pourtant… le soir, c’est la biaffine qui coule à flot, et les larmes des enfants aux épaules de homard.

Incompréhension.

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Moment de la douche. Un coin de la salle-de-jeu-à-manger-d’activités se transforme en infirmerie. Compresses, pommades, dakin, pince à échardes, arnica, pansements, gants en plastiques et autres babioles aseptisées. Grands soins des petits bobos, moment d’attention aux petits corps qui grandissent et se meurtrissent parfois, parfois juste un bisou ça suffit.

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Un vélo qui roule, un pied dans les rayons, le tout qui s’emmêle

Un enfant qui s’envole.

Flippe.

Il se relève.

- Soupir -

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Le coucher et à nouveau les bobos. Les plus gros cette fois.

Le corset de celle-ci dont le corps refuse de grandir droit, les compresses là où le corset blesse. La pommade de celui-là dont la peau oublie de boire l’eau du corps. Les pommades encore sur les peaux de homard. L’inhalateur enfin de ceux dont les poumons fonctionnent au ralenti.

Nos grands de la journée deviennent petits au coucher, ne pas oublier que ce sont des enfants, qu’ils sont encore très dépendants.

Moment d’intimité aussi avec les filles, dont les corps ont choisi la colo pour devenir femmes. Pas toujours simple quand on est loin des siens.

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Et puis c’est ton tour.

Tu joues, nous jouons tous ensemble, les poules courent après les renards et fuient les vipères. Et réciproquement, et inversement. C’est chouette, tout le monde y met du sien, dans un grand parc construit sur les ruines d’un château. Herbe verte et grands arbres, trucs à grimper trucs à sauter.

Trucs à chuter aussi.

La chute en arrière, de celles qu’il ne faut pas faire. De celles qui font peur. De celles qui font toujours mal, parfois très, parfois trop.

Ta chute, violente, et ton teint blême. Pas de cris, pas de pleurs, juste une larme… une seule.
On te parle on te rassure pourtant le cœur n’y est pas. Te faire soigner dans un pays dont on ne parle pas la langue, faire venir les secours d’abord, ne pas paniquer, gérer les autres enfants, les rassurer aussi, te soigner c’est urgent, dis, tu bouges les doigts de pieds ? C’est déjà un bon signe, mais tu ne te relèves pas.

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A chaque escale, un bistrot pas loin.

A chaque escale, notre QG de campagne trouve sa place au bistrot, on se fait connaître, on se fait aimer pour trouver un relais capable de nous aider en cas d’urgence, à toute heure du jour et de la nuit. Aussi, c’est le cafetier du canal qui lance l’alarme et fait venir les pompiers.

Tu pars avec un animateur et les pompiers, tu pars allongé avec la minerve la coquille ton corps est tout petit sur ce grand brancard. Et toujours une larme, une seule.

Triste fin de journée pour ceux qui attendent, triste fin de journée dans l’angoisse. Déjà on envisage le rapatriement, s’il est nécessaire il faudra peut-être faire vite.

Si c’était aujourd’hui on aurait vite su. Seulement le GSM qui est dans la cabine de pilotage est fort limité, un appel par jour à l’organisateur, grand maximum, quand il y a du réseau. On n’appelle pas encore ça un téléphone portable d’ailleurs.

Ce n’est qu’à la tombée de la nuit qu’on sait enfin, ce n’est qu’à la tombée de la nuit qu’on te voit.

Tu es debout.

Encore inquiet de ton aventure, raide du choc trop violent pour ton corps, mais encore entier à l’intérieur. Automate pour quelques jours, l’aventure peut continuer tous ensemble, avec un héros parmi nous. Un autre tube de pommade dans ma boîte à pharmacie, une nouvelle page à mon carnet.

Je préfère comme ça, et toi aussi !

Bali : grand jeu

 

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T
Je crois que je pourrais pas faire moniteur de colonie. Je tourne de l'œil dès que je vois le moindre bobo...Môme, j'ai fait, mais je ferais plus :o)
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C
leur faudrait une bonne guerre tiensles orcs, c'est plus ce que c'etait
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