"Des mailles" parce qu'à l'endroit à l'envers le fil devient magique - "Des mômes" des mots pour dire tout ce qu'ils m'ont donné - "Des images" de mes yeux pour tes yeux parce que ça fait joli - "Des gens" parce que ça fait du bien à la vie.
Deux petites filles, 4 ans et demi et 6 ans et demi.
« Dis, Nelly, comment le bébé il fait pour sortir du ventre de la maman ? Et comment il vit le bébé dans ton ventre ? Et comment on fait les bébés ? »
Je n’ai pas de bouteille de lait.
Alors on a parlé d’amour. De faire l’amour aussi. D’être amoureux au point d’être prêt à faire des choses avec son corps. C’est pour les grands c’est évident. La plus petite le fera avec son amoureux, mais une autre fois, après le mariage (je ne sais pas si c’est celui de ses parents, samedi, ou le sien...), la plus grande jamais jamais. Finalement, après en avoir parlé un long moment, on ne sait pas… elles n’ont pas encore un corps de grande, et les bisous c’est déjà beaucoup. J’en ai profité aussi pour faire de la prévention, c’est tellement important qu’elles sachent se protéger.
Il a été question de zizi, de nounoute, de rencontre, de pchitt (ha oui, pour passer d’un corps à l’autre, ça semble plus pratique si ça fait pchitt…), de graines du papa qui font la course pour aller rencontrer la graine de la maman, de la rencontre de ces deux là, et de la magie du corps humain. Comment d’un pchitt, un bébé se fabrique dans le ventre de la maman.
Ensuite, on a parlé de nos nombrils. Si précieux pendant cette période là, le tuyau qui relie le bébé à la maman pour qu’elle puisse le nourrir, et aussi faire sortir ce que le corps du bébé ne peut pas garder. « Et oui hein, heureusement qu’il fait pas caca dans ton ventre le bébé ! » « Mais il est grand comment aujourd’hui ton bébé ? » Alors on a imaginé ce petit bébé là. La plus grande aimerait un garçon, la plus petite sait que c’est une fille.
La naissance ensuite… C’est impressionnant d’imaginer une naissance lorsqu’on est encore petit, déjà que dans nos têtes de grands ce n’est pas très évident. La plus petite savait déjà. En quelques mots elle me raconte à l’hôpital. « Les docteurs, ils coupent doucement ton ventre, ils prennent le bébé, et hop il recouse, et t’as ton bébé ». La plus grande n’est pas d’accord « nous on n’a pas fait comme ça, hein ! ».
Alors j’explique encore. Le corps de la maman, qui peut se transformer suffisamment pour faire grandir le bébé, peut aussi se transformer pour que le trou des bébés (qui sert aussi à faire l’amour, elles ont bien compris, mais quand on sera grande) devienne assez grand pour que le bébé puisse passer, d’abord la tête. Ça doit être dur quand même… ho oui c’est dur, le bébé et la maman font des efforts, le papa les aide aussi, et les docteurs. Mais c’est difficile. Après, la magie du corps redonne à la maman son corps d’avant, le trou des bébés redevient petit, le ventre se diminue… « comme maman ! » Et voilà !
« Et [prénom du papa], il viendra vous voir à l’hôpital ? » Bien sur qu’il viendra, c’est son bébé aussi, et il l’aime déjà tu sais … « Ah, c’est bien ! » Ça suffit à rassurer des petites filles, que ce bébé ait son papa. Les histoires de grand finalement, elles n'y sont pas encore.
Nous avons aussi parlé des animaux, et surtout de Chipie, la maman de Dorado le bébé chien. Elle n’a jamais fait l’amour figurez-vous… Pourtant elles ont déjà vu le papa chien, mais c’est sur qu’ils n’ont pas fait l’amour.
A moins qu’on ne les ait pas vus ? L’amour, ça se fait discrètement…
Nous sommes passées à autre chose. La plus petite a fait un bisou au bébé, juste sur mon nombril, et la plus grande n’a pas osé.
C’était un bon moment.