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    chez Nyl :    visiteurs

    23 avril 2007 1 23 /04 /avril /2007 19:45

    Un matin, les garçons ont poussé la porte de l’atelier théâtre. Sur le moment je n’ai pas su pourquoi. Quelques années plus tard, j’ai compris ce qui s’était passé.

    Souvenez-vous.

    Décalée.

    Mais si bien avec les filles dans nos délires théâtre.

    Un jour dans le sombre couloir des chambres des filles, je fais le clown. Une des filles a une flûte traversière. Personne ne sait que moi aussi, dans mon sac, tout au fond… personne, sauf les animateurs. Je me sentirai encore plus décalée si les jeunes savaient…

    Ils ne savent pas.

     

    Je joue avec la flûte. Non, pas de la flûte : avec elle. Personnage encore plus décalé du réel qui découvre un objet non identifié. Je joue avec chaque bout de la flûte, sort des bruits étranges, monte l’instrument la culotte à l’envers. Pas un son ne sort de ma bouche. Les filles comprennent vite que j’improvise, sans vraiment improviser puisque ce clown là a déjà amusé les enfants des colos précédentes. Des plus jeunes.

    Petit à petit, les bruits deviennent son, petit à petit l’objet devient instrument, petit à petit je deviens musicienne. Ça, les filles ne le savaient pas. Elles sont conquises, autant que ceux qui avaient cinq ans. C’est assez épatant. Je m’amuse, me sens bien, oublie mon décalage.

    Les filles rient, moi aussi.

     

    ----------------

    « Pauvre fille. »

    ----------------

    Ce sont exactement les mots que m’a dit Thomas, quatre ans plus tard, lorsqu’il m’a dévoilé cette histoire. Il n’avait rien à faire dans le couloir des filles et se cachait, il a épié la scène. Ce sont les mots qu’il a pensé lorsqu’il m’a vu me battre avec le boîtier de la flûte.

    Thomas, c’était un mec à l’aise, un excellent bassiste, venu jouer un maximum. C’était un pilier, le jeune autonome et bien avec tout le monde, celui qui vit sa vie et fait vivre un paquet de projets.

    « Pauvre fille, mais qu’est-ce qu’elle fout là ? ». Je savais que je me sentais décalée, mais quand il m’a dit ça… peut-être pas à ce point…

    Il aurait pu partir, il est resté à épier.

    Le lendemain, il venait avec ses copains. Le lendemain, j’avais ma place dans cette colo là, j’avais mon identité, et j’y étais plutôt bien. Toujours décalée, mais juste décalée comme il faut, juste décalée comme je suis. C’est peut-être un des moments où je me suis trouvée, même si j’ai compris pourquoi bien après…

    Thomas, si tu passes par là… (oh oui, passe par là que je me recale un peu avec toi…)

    La colo n’était pas finie…


     

     LIENS :

    "Des mômes..." article précédent 
    "Des mômes..." article suivant 
    "Des mômes... les ados" premier article
    "Des mômes..." le sommaire

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    commentaires

    Tom 03/05/2007 13:18

    Il se trouve que je passe par là...
    Je garde un souvenir étrange de cette scène : ça fait quand même 13 ans, et entre mon propre souvenir, celui de Nyl et ce qui me revient à l'esprit en relisant ces lignes, j'ai un peu de mal à faire la part des choses...
    Toujours est-il que je puis aujourd'hui rétablir un semblant de vérité. Contrairement aux allégations de Nyl, je n'ai pas "rien à faire dans le couloir", ce jour-là. Dans une colo d'ado mixte, il est difficile d'envisager qu'un garçon de 16 ans se trouve dans le couloir désservant les chambres des filles par le plus grand des hasards.
    Le rock pur et dur, les cheveux longs, les solos saturés de distorsion des quelques fans de Metallica qui composait la gente masculine de ce camp ne m'intéressait que moyennement...
    J'étais bassiste (dans l'imaginaire musicien, le bassiste est l'antithèse du guitariste ;-) ), bercé de funk et de soul et s'il fallait se colletiner une anim' à la ramasse (n'empêche à la première impression, ça fait drôle...), pour fréquenter le seul atelier du camp, qui rassemblait les plus jolies filles du château (ça fait bizarre de dire ça, on se croirait à la Star ac'), ma foi j'y étais prêt ^^.
    Je dois avouer que mon point de vue à quelque peu évolué au cours de ce séjour, et c'est un oeuphémisme...

    Francis 26/04/2007 00:21

    "Un matin, les garçons ont poussé la porte de l’atelier théâtre. Sur le moment je n’ai pas su pourquoi."Ha bé des garçons dans un atelier de filles, moi j'ai une idée de pourquoi, hein. Mais bon, il faut pas écrire des horreurs, alors je m'abstiens (je suis très bon en abstinence).La suite !(oui, moi aussi, j'avais oublié de repasser, c'est la faute à les vacances, j'ai été très occupé, j'ai même avancé d'un rang de mailles mon écharpe)

    Mélina LOUPIA 25/04/2007 20:54

    Bon, ayé, je viens de descendre du bus et c'est toi qui m'a refilée le vertige.
    C'est tout.
    Des bizettes (ebaubie, oui, encore!)

    Nelly 25/04/2007 19:10

    cubik : nannnnn jamais.
    cécile : ha tu vois ! donc c'était bien pas pour toi...
    tibou : ha non, même pas... t'es bien un garçon toi. T'écris des horreurs dans les commentaires!

    tibou 25/04/2007 18:59

    "Thomas, si tu passes par là… (oh oui, passe par là que je me recale un peu avec toi…)"ya un truc sexuel dans cette phrase, c'est pas possible...