| Juillet 2008 | ||||||||||
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Les premières mains de ce vendredi sont des mains qui soulagent, des mains qui écoutent. Elles se posent d’abord sur ma nuque, puis sur mon crâne, sur mon bassin. Sur mon ventre aussi. Des mains qui parlent à mon corps, des mains qui dénouent, par de petits mouvements. Les appuis font mal parfois, puis la douleur passe.
Ces mains connaissent mon corps, ces mains savent le dénouer, me rassurer aussi. Tout se passe bien. Ces mains ont communiqué avec le petit être au fond de moi. Un grand moment.
Les mains suivantes sont justes croisées, l’une sur l’autre. Ces mains là sont reliées à des oreilles qui écoutent, mes douleurs, mes angoisses, mes avancées aussi. C’est plus facile pour moi de parler à ces mains qu’aux yeux qui sont plus haut. C’est plus facile parce que dès que je croise le regard de cet homme là, mes angoisses sont trop fortes, les larmes sont trop présentes.
Et enfin, vendredi soir, j’ai retrouvé des mains oubliées. Des mains noires, foncées, aux doigts longs, magnifiques, des mains sur une basse. Les vibrations viennent au creux de mon ventre. La voix de l’homme qui a de si belles mains n’a pas changé. La voix chante « Ayo » pour celui qui a de la peine. Je bois ses paroles en admirant ses mains.
A la fin, du concert, je m’approche. Cela fait 8 ans que nous ne nous sommes pas vus, 12 ans que nous sommes partis ensemble avec des enfants pour une de mes expériences les plus fortes. Ses yeux croisent les miens, il est aussi étonné que content de me voir là. Quelques souvenirs, quelques nouvelles aussi, un instant de paix.
Je rentre chez moi.
Tes mains ne sont pas là pour m’accueillir, et les miennes n’ont personne à enlacer…