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    7 mai 2007 1 07 /05 /mai /2007 21:04

    Dans la colo il y a un J9.

     

    Il est vieux, beige, crade, et vieux, mais c’est un J9 qui a la faculté de pouvoir transporter du monde, et des choses. Plein de choses.

     

    La première fois que j’ai conduit le J9, il s’est arrêté d’un coup, et s’est mis à fumer juste entre ma collègue assise à côté, et moi. Docteur mécanique a parlé : un petit court-circuit électrique, pas de soucis, il est réparé, vous pouvez le reprendre, et même mettre des ados dedans.

    ---

    Seulement voilà, personne ne veut conduire le J9. Alors moi à qui il a déjà fait des entourloupes dès le premier jour, moi qui ai encore besoin de m’occuper et de donner une consistance solide à mon décalage, moi, je n’ai pas peur de lui. Et il devient vite « mon J9 ».

    Du coup, comme c’est moi qui conduis, c’est moi qui emmène un petit groupe de jeunes à l’équitation. J’emmène un bouquin, parce que les chevaux c’est beau de loin, mais ce ne sont pas mes copains. Les garçons qui m’ont adoptée (pour rencontrer les filles, d’accord, mais ils ont fini par m’adopter quand même) m’ont fait plein de petites tresses dans les cheveux la veille au soir, trop classe… La jolie colonie de vacances part à la découverte du pays bordelais jusqu’à la maison des chevaux. Sur place, l’éducatrice : « bon c’est quoi ce délire, vous n’avez pas d’animateurs avec vous ? »

    - Flash back -

    Il a fallu que je montre patte blanche permis rose pour avoir le droit de signer le bout de papier.

    Ils ont dompté leurs chevaux, j’ai dompté mon J9, je suis animatrice et c’est un fait, le J9 sera ma propriété personnelle pour tout le mois de juillet.

    ---

    Le jour où l’ado des flippes de nos nuits a quitté le centre pour rejoindre sa famille, toute la troupe a pris son envol en autocar pour aller à la fête médiévale du village voisin et à la baignade locale. Toute la troupe, c’est plus-de-soixante-ados-moins-trois, puisque après moult tergiversations ses deux copains et mon animateur si grand et si roux sont restés pour accompagner son départ.

    Notre autocar a exactement plus-de-soixante-ados-moins-trois places , la troupe est installée pour le départ. Les animateurs sont prêts à embarquer… seulement y’a plus de place. Qu’est ce qu’on fait, je vous emmène dans mon J9 et on suit le car ? Quand je vous disais que je n’étais pas la seule à être décalée… foutu camp d’ados.

    Avant le départ, un adulte un peu plus responsable que les autres sur le papier annonce à tout le monde que nous partirons festoyer à plus-de-soixante-ados-moins-trois, et c’est comme ça, même si c’est compliqué. Bonne journée. Merci vous aussi.

    ---

    Panique, et plus-de-soixante-ados-moins-trois en larme. il va falloir qu’on se recale un peu pour mettre des mots sur cette flippe là, … Foutu camp d’ados…

    ---

    Je choisis mes ados préférés (je sais c’est mal, mais j’étais en colère, et il me fallait des gens de confiance…), je les embarque dans le minibus. Tiens, ce ne sont que des garçons, le vent a tourné dans cette colo et je passe plus de temps dans les trois bâtiments des mecs que dans celui des filles.

    Je retourne dans mon J9 avec ma mini colonie de vacances, et nous suivons le car en pleur. Les mêmes questions se posent dans le J9 que dans ce véhicule improbable et trop grand qui part comme si de rien n’était vers le pays des troubadours et des princesses… Pourquoi ? Pourquoi on n’a rien vu ? Mais qu’est ce qu’il avait ? Qu’est ce qu’on aurait pu faire pour lui ? Et si et si et si…

     

    Et si seulement on n’avait pu faire quelque chose pour lui, il serait resté avec nous. Je crois que j’ai essayé de leur faire comprendre que toute la bonne volonté et le dévouement du monde n’aurait pas suffit pour apaiser les souffrances de celui qui s’en va, que ceux à qui il tient le plus sont là pour l’accompagner, que certaines tortures de la tête sont trop fortes pour que seul un peu d’amour puisse les soulager. C’est compliqué.

     

    Mais j’ai un volant dans les mains, un J9 à conduire, et huit jeunes me font confiance. L’atelier théâtre a donné un sens à ma place dans ce camp d’ado qui aura jusqu’au bout la culotte à l’envers, le J9 me donne une consistance. Quand je serais grande, je serais camionneur.

    ---

    Je ne me souviens pas de la fête médiévale... foutu camp d'ados.

    -------

     

    -------------------------------------

    Souvenir de Thomas sur ce moment là :

    Je me rappelle bien cette scène dans le car. On est là, on attend tous... puis un anim' vient nous dire que l'un de nous doit partir, rentrer chez lui, parce que c'est trop "dangereux" de le garder ici.

     

    La première idée qui me passe par la tête, c'est que cette gourde de directrice n'a pas le courage de prendre la responsabilité d'un ado aux idées morbides dans son camp. "Un suicide, pourquoi pas ? Mais pas sous ma responsabilité!". Sur le coup, ça me révolte, d'autant qu'on chosiit un moment où on est tous confinés (un car plein à craquer, prêt à démarrer), pour nous annoncer ça, afin d'éviter un débordement ou un geste de révolte des plus proches. Après 10 ans d'animation et quelques directions, je mets de l'eau dans mon vin, je ne sais pas ce que j'aurais fait moi-même.

     

    Certains se mettent à pleurer. Et là du coup, se passe ce que j'appelle l'effet "enterrement". Comme tout le monde pleure autour de vous, même sans être triste, vous vous mettez à pleurer. C'est sensible un ado, faut pas croire ^^. Et du coup paf ! 60 ados qui couinent dans un car...

     

    En fait, la fête médiévale était assez classique (et donc barbante). Vous avez oublié les montreurs d'ours... important les montreurs d'ours ! Ca a surtout été l'occasion d'aller boire une bière à une terrasse... Enfin une bière... un monaco ^^

     

    Tom 


     LIENS :

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    commentaires

    Thorn 11/05/2007 10:01

    Ha, ok.
    En fait, c'est ce passage : "Et si seulement on n’avait pu faire quelque chose pour lui, il serait resté avec nous. Je crois que j’ai essayé de leur faire comprendre que toute la bonne volonté et le dévouement du monde n’aurait pas suffit pour apaiser les souffrances de celui qui s’en va, que ceux à qui il tient le plus sont là pour l’accompagner, que certaines tortures de la tête sont trop fortes pour que seul un peu d’amour puisse les soulager. C’est compliqué."
    Je me suis demandée si son suicide, c'était une tentative, ou s'il avait réussi. Mais avec les souvenirs de Thomas, ça se recoupe, et les doutes s'envolent :o)

    Tom 10/05/2007 11:22

    Je me rappelle bien cette scène dans le car. On est là, on attend tous... puis un anim' vient nous dire que l'un de nous doit partir, rentrer chez lui, parce que c'est trop "dangereux" de le garder ici.
    La première idée qui me passe par la tête, c'est que cette gourde de directrice n'a pas le courage de prendre la responsabilité d'un ado aux idées morbides dans son camp. "Un suicide, pourquoi pas ? Mais pas sous ma responsabilité!". Sur le coup, ça me révolte, d'autant qu'on chosiit un moment où on est tous confinés (un car plein à craquer, prêt à démarrer), pour nous annoncer ça, afin d'éviter un débordement ou un geste de révolte des plus proches. Après 10 ans d'animation et quelques directions, je mets de l'eau dans mon vin, je ne sais pas ce que j'aurais fait moi-même.
    Certains se mettent à pleurer. Et là du coup, se passe ce que j'appelle l'effet "enterrement". Comme tout le monde pleure autour de vous, même sans être triste, vous vous mettez à pleurer. C'est sensible un ado, faut pas croire ^^. Et du coup paf ! 60 ados qui couinent dans un car...
    En fait, la fête médiévale était assez classique (et donc barbante). Vous avez oublié les montreurs d'ours... important les montreurs d'ours ! Ca a surtout été l'occasion d'aller boire une bière à une terrasse... Enfin une bière... un monaco ^^
    Tom

    Nelly 09/05/2007 23:38

    Mélina : ça pour avoir chavirer d'un bout à l'autre, ça a chaviré, en veux-tu en voilà... et le J9, c'est aussi le symbole des groupes de musiques en vadrouille...
    cubik : oui aussi ... et même beaucoup pour certains!
    Thorn : t'as pas compris quoi? Dis moi dis moi dis moi j'arrangerai ça (c'est possible que comme j'y étais, je comprends, et j'oublie des trucs pour faire comprendre aux autres). Sinon en résumé, y'avait un J9 pourri, et juste moi qui voulait le conduire. Un jour on est partis à la fête, mais le jeune qui avait fait une tentative de suicide une nuit (un ado sous antidépresseur mais qui était parti sans) est rentré chez lui. L'info a été diffusée aux mômes juste avant le départ à la fête médiévale. Joyeuse la fête... et la suite... bientôt.
    Cloclo : ha oui tiens c'est ça qu'on aurait du prendre finallement...
    Francis : je pense que c'était un peu ça en fait... même totalement.

    Francis 09/05/2007 19:20

    Bah, t'en fais pas, les fêtes médiévales, elles se ressemblent toutes, t'as les mémés du comité des fêtes en robe de velours qui dansent bizarre, les jeunes qui essayent de jongler et les chevaux qui font caca dans la rue.

    T'étonne pas si t'as oublié.

    CloClo 09/05/2007 11:31

    ptet que le j9 on te l'aurait pas pique devant chez toi.