Avec mes doigts :

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    "Tu peux me faire un lapin gris ?"
    A partir d'un modèle de lapin bleu, Romain s'est transformé en lapin gris...
    Et nous a bien a fait rire !




    Valentin voulait quelque chose de monstrueux, mais pas trop, pour ne pas faire peur à son tout petit frère.
    Raphael n'a pas eu peur, mais le monstre vert a chassé du lapin pour le reste de l'après-midi !


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    Certains l'ont appelé Pocahontas,
    moi je préfère "Petite Baie Sauvage",
    mais il parait que c'est juste une indienne.

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     Le chien d’ici de la montagne, petit bout de chien aux oreilles de chauve-souris, joue avec son frère et sa maman, chez les voisins du dessus.

     

    Ha, ici, les voisins du dessus, ce ne sont pas ceux qui habite un étage d’ascenseur plus haut, mais juste un bout de montagne plus haut, de l’autre côté du fil à linge.

     

    Le chien d’ici, qui s’appelle Dorado « parce qu’on a décidé » a dit Lilou, le chien d’ici donc, devrait être attaché à sa niche lorsque je quitte la maison.

     

    Mais je n’arrive pas à le récupérer… je pars quand même… la voisine le rattachera lorsqu’elle s’occupera des siens.

     

    A mon retour, à la nuit tombée, pas de chien…. Une chaîne, un jouet orange, une gamelle d’eau dans la niche 4 étoiles 2 pièces toute isolée… mais pas de Dorado.

     

    Je contacte la voisine du dessus… pas de chien non plus…

    J’appelle dans la nuit, la nuit ne répond pas, et aucun chien noir ne sort du noir. Argh…

     

    Nuit à dormir en me réveillant à chaque bruit du cheval des voisins de palier, celui qui dort presque sous ma fenêtre, ou à chaque gazouillis d’oiseau qui pourrait faire penser à une plainte de bébé chien. Dorado a à peine 4 mois, et il est dans le noir dans la montagne avec les loups et les sorcières et… sûrement d’autres trucs que je ne soupçonne même pas.

     

    Ses propriétaires se gondolent à Venise, leurs filles campingent innocemment avec les grands-parents de l’autre côté de la montagne, et moi, j’ai perdu le chien…

     

    Au réveil pas de chien. Pire, la mère et le frère sont revenus, sans celui d’ici… La voisine du dessus  m’offre le café sous les yeux du cheval d’à côté et des moutons de d’l’autre côté, mais le chien n’est plus là… Le cheval s'en moque, les moutons aussi, ça broute à gauche et ça galope à droite.

     

    Avant de redescendre au camping ou les midinettes en short m’attendent pour déjeuner, j’appelle la gendarmerie. Un seul numéro, le 17, ça a un côté alarmiste pour un chien égaré.

     

    Au bout du fil, le gendarme référent de mon bout de montagne, que me passe le gendarme d’accueil, est aux aguets : il pense que j’ai perdu un enfant… non non ce n’est qu’un bébé chien. (ouf !)

     

    Je lui décris l’égaré avec précision : chiot noir, petit plastron blanc, bout des pattes blanc, queue de labrador et oreilles de chauve-souris… il me félicite pour la description et me demande si je suis sûre que c’est un chien, avec cette drôle de description. Oui, c’est Dorado, et son collier marron. Ses maîtres ne sont pas là, c’est moi qu’il faut appeler au cas où.

     

    A midi, les filles me demandent si le chien a grandi… ho si peu en trois jours. Le chien est l’objet de toutes les attentions avec les cousins, que de questions… et moi j’ai perdu mon chien égaré dans la montagne… Leur grand-mère, ma tante, au courant de la fugue du canin arrive à changer la conversation… ouf !

     

    Je remonte à la maison dans la montagne, au dessus du toit (ha oui, je ne vous avais pas dit, les voisins du dessous, ils habitent dans un toit, un long toit de tôle qui n’en finit pas. Enfin, ce ne sont pas tout à fait les voisins du dessous, car il y a les voisines de l’entre-deux, mais elles habitent dans un bout de terrain qui semble plus appartenir à celui d’ici qu’à celui d’en dessous (tu suis toujours ? il faudra faire un dessin après… mais moi je sais pas faire !)

     

    Toujours pas de chien… en plus de tout ce qu’il y avait ce matin, j’ai ajouté une gamelle de croquettes dans la niche 4 étoiles (quoi que, peut-être 3 seulement, il n’y a pas de piscine…) Elle est toujours pleine.

     

    Lorsque je suis dans mon bain à jouer avec lepetit bout de bébé qui s’agite au creux de moi, j’entends la voisine ramener Dorado. Il est revenu, passage obligé par l’étage du dessus : léchouille aux copains chiens qui l’ont pourtant abandonné dans la montagne… ça n’est pas ingrat, un chien !

     

    Le chien va bien, pas trop soif, pas trop faim, mais il veut des calins ! Alors je lui fais des calins… Je ne saurais jamais ce qu’il a fait cette nuit…

     

    Le téléphone sonne, c’est mon copain gendarme qui s’attendait à lancer le plan hors sec à la recherche d’un enfant perdu qui me rappelle. Ils ont trouvé un chien répondant à la description que j’ai donnée (le gendarme, ça parle gendarme, c’est un vocabulaire à part entière). Mais il se demande si c’est bien « mon » chien ou bien un autre parce que tout de même à cet âge là même avec des oreilles de chauve-souris… 25 km par la route, un col à passer, il a du mal à comprendre. J’essaie de l’interrompre, je suis assise par terre sur le balcon, vu sur la montagne-est-belle-au-dessus-du-toit-de-tôle, le chien entre mes jambes en tailleur à papouiller, et le gendarme se demande… jusqu’au moment où il comprend ce que je lui dis.

     

    Et là, il me fait un interrogatoire serré sur l’état du chien : des marques de violence ? de morsure ? une attitude apeurée ? est-ce qu’il est sale affamé assoiffé défiguré ? Non… c’est Dorado, juste Dorado… Bon, alors tout va bien, je vous souhaite une bonne fin de journée, vous aussi, merci beaucoup, au revoir monsieur. Je l’aime bien mon gendarme. Cet après-midi, j’ai même vu un hélicoptère, je suis sûre que c’est lui qui l’a envoyé pour chercher Dorado. (Qui a dit non ?? si si, j’en suis sûre !)

     

    Dorado est quand même fatigué, il va dormir deux heures avant que je redescende au camping. Avec lui, pour le plus grand plaisir des petits et des grands !

    Après avoir joué les filles de l’air, il fait la vedette. Trop dur la vie de chien…
     





    La-montagne-est-belle vue du balcon 

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    Deux petites filles, 4 ans et demi et 6 ans et demi.

     

    « Dis, Nelly, comment le bébé il fait pour sortir du ventre de la maman ? Et comment il vit le bébé dans ton ventre ? Et comment on fait les bébés ? »

     

    Je n’ai pas de bouteille de lait.

     

    Alors on a parlé d’amour. De faire l’amour aussi. D’être amoureux au point d’être prêt à faire des choses avec son corps. C’est pour les grands c’est évident. La plus petite le fera avec son amoureux, mais une autre fois, après le mariage (je ne sais pas si c’est celui de ses parents, samedi, ou le sien...), la plus grande jamais jamais. Finalement, après en avoir parlé un long moment, on ne sait pas… elles n’ont pas encore un corps de grande, et les bisous c’est déjà beaucoup. J’en ai profité aussi pour faire de la prévention, c’est tellement important qu’elles sachent se protéger.

     

    Il a été question de zizi, de nounoute, de rencontre, de pchitt (ha oui, pour passer d’un corps à l’autre, ça semble plus pratique si ça fait pchitt…), de graines du papa qui font la course pour aller rencontrer la graine de la maman, de la rencontre de ces deux là, et de la magie du corps humain. Comment d’un pchitt, un bébé se fabrique dans le ventre de la maman.

     

    Ensuite, on a parlé de nos nombrils. Si précieux pendant cette période là, le tuyau qui relie le bébé à la maman pour qu’elle puisse le nourrir, et aussi faire sortir ce que le corps du bébé ne peut pas garder. « Et oui hein, heureusement qu’il fait pas caca dans ton ventre le bébé ! » « Mais il est grand comment aujourd’hui ton bébé ? » Alors on a imaginé ce petit bébé là. La plus grande aimerait un garçon, la plus petite sait que c’est une fille.

     

    La naissance ensuite… C’est impressionnant d’imaginer une naissance lorsqu’on est encore petit, déjà que dans nos têtes de grands ce n’est pas très évident. La plus petite savait déjà. En quelques mots elle me raconte à l’hôpital. « Les docteurs, ils coupent doucement ton ventre, ils prennent le bébé, et hop il recouse, et t’as ton bébé ». La plus grande n’est pas d’accord « nous on n’a pas fait comme ça, hein ! ».

     

    Alors j’explique encore. Le corps de la maman, qui peut se transformer suffisamment pour faire grandir le bébé, peut aussi se transformer pour que le trou des bébés (qui sert aussi à faire l’amour, elles ont bien compris, mais quand on sera grande) devienne assez grand pour que le bébé puisse passer, d’abord la tête. Ça doit être dur quand même… ho oui c’est dur, le bébé et la maman font des efforts, le papa les aide aussi, et les docteurs. Mais c’est difficile. Après, la magie du corps redonne à la maman son corps d’avant, le trou des bébés redevient petit, le ventre se diminue… « comme maman ! » Et voilà !

     

    « Et [prénom du papa], il viendra vous voir à l’hôpital ? » Bien sur qu’il viendra, c’est son bébé aussi, et il l’aime déjà tu sais … « Ah, c’est bien ! » Ça suffit à rassurer des petites filles, que ce bébé ait son papa. Les histoires de grand finalement, elles n'y sont pas encore.

     

    Nous avons aussi parlé des animaux, et surtout de Chipie, la maman de Dorado le bébé chien. Elle n’a jamais fait l’amour figurez-vous… Pourtant elles ont déjà vu le papa chien, mais c’est sur qu’ils n’ont pas fait l’amour.
    A moins qu’on ne les ait pas vus ? L’amour, ça se fait discrètement…

     

    Nous sommes passées à autre chose. La plus petite a fait un bisou au bébé, juste sur mon nombril, et la plus grande n’a pas osé.

     

    C’était un bon moment.

      

     

     

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    « Ferme la porte. »

    « Ferme la porte.», qu’ils me disent.

    « Ferme la porte. »

     

    Je peux pas.

     

    « Ferme la porte. »

     

    C’est pas possible.

     

    Les portes fermées, les colères, la haine, je ne peux pas. Ça n’est pas moi.

     ----------------------

    Ce jour là, comme d’autres, j’ai ouvert la porte à ton papa, et nous sommes allés partager ta rencontre. Prendre de tes nouvelles

    Ce jour là, tu n’étais plus « un bébé », tu es devenu quelqu’un. Une personne à part entière, 546 g environ de vie, d’amour aussi.

     

    Tu bougeais beaucoup, mais nous avons pu découvrir tes petits pieds, tes mains, dont une que tu ouvrais et fermais, comme un coucou.

     

    Ton visage aussi.

     

    Un profil que l’on devine. Puis de face. Tu ne nous regardais pas bien sûr, mais l’image nous a donné cet effet là. Tu n’es plus seulement une présence, tu es toi, tu es notre enfant.

     

    La dame qui t’auscultait n’a pas beaucoup parlé. Elle a regardé de près l’ensemble de ton corps, nous a rassuré sur ton état de santé et celui des liens qui nous lient toi et moi. Elle nous a dit aussi que pour elle, tu étais une fille.

     

    Notre fille.

     ------------------------------

    Maintenant, lorsque tu bouges, mon ventre bouge aussi. C’est beau, et c’est bon.

    Merci à toi d’être là…

     


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